Arrête ou Je Continue, de Sophie Fillières

* * * C’est celui qui l’a dit qui l’est de toute façon

Prendre l'air, et se pomper l'air

Prendre l’air, et se pomper l’air

Si on aime Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric, c’est plutôt bien parti. Parce que les deux acteurs squattent l’écran avec l’aplomb, la folie douce et les regards tordus qui les caractérisent. Elle est Pomme, il est Pierre, leur couple sent le sapin. A tel point que Pomme décide sur un coup de tête de rester dans la forêt où ils ont l’habitude d’aller randonner, et se disputer, pour avaler du « camembert sans pain et du saucisson sans couteau ».

Arrête ou je continue, c’est le jeu de la barbichette entre un couple qui se déchire à force d’exaspération, qui s’asticote à grands coups d’absurdités. Dans la sphère déjantée de leur intimité en fin de course, il y a Roro, le fiston adoré, Sonja, la bonne copine délaissée, et John, le coach sportif bien roulé. On y suçote du champagne glacé, on s’écharpe avec l’air poli de la banalité. C’est une fable, un petit conte sentimental que fabrique ici Sophie Fillières, un huit-clos amoureux sans amour, construit sur le dialogue et des situations burlesques  qui détonnent dans un décor affreusement normalisé.

Je continue ?

Je continue ?

Il faut aimer ce couple d’acteurs, donc, supporter une histoire fortement dialoguée et scénarisée, apprécier les plus  infimes revirements de situation de leur relation, accepter de suivre la fin banale d’une histoire originale. Bref, il faut aimer s’en laisser conter. Sinon, Arrête ou Je continue risque gravement de vous ennuyer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>