Dans la cour, de Pierre Salvadori

* *  *  La tragicomédie fantasque de fond de cour parisienne

Avouez-le : vous avez toujours fantasmé un monde merveilleux composé de plantes vieillissantes, de voisins barrés, de vélos rouillés qu’on n’a pas le droit d’entreposer, d’un gardien ou d’une gardienne bienveillant que vous pourriez appeler par son prénom, dans un élan de tendresse qui vous ferait vraiment du bien en sortant de la jungle du métro. « Il est trop sympa mon gardien d’immeuble, trop mignon, on s’entend super bien. » Ce fantasme, c’est le rêve de tous les parisiens vivant au-dessus d’une cour d’immeuble.

Gustave Kervern, le roi du tuyau

Gustave Kervern, le roi du tuyau

Pierre Salvadori nous le dépeint enfin en images et en couleurs, ce fantasme, grâce à un scénario totalement dévoué à rendre compte d’une atmosphère décalée, aigre-douce, portée par la folie ordinaire des membres de la copropriété. Le duo percutant formé par Catherine Deneuve (Mathilde), retraitée en plein pétage de câble, et Gustave Kervern (Antoine), gardien paumé au grand coeur, fait mouche.

Le couple "folie douce" de l'année

Le couple « folie douce » de l’année

Allégorie du mal-être et de la tendresse, peinture discrète des affinités humaines, le film oscille entre franche rigolade et dépression border line. Une formule poétique aboutie, comi-tragique sans jamais tomber dans le gros gag qui fait tache ni le pathos larmoyant.

C’est une jolie fable réaliste que nous conte le réalisateur, l’histoire anecdotique d’une rencontre particulière, dans la cour.

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