Enfance Clandestine, de Benjamín Avila

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Maxime Le Forestier (toujours lui!) l’avait bien dit, on ne choisit pas sa famille    (ni le reste).

La lucha n'est pas un jeu d'enfant

La lucha n’est pas un jeu d’enfant

Les années de dictature Argentine inspirent décidément cette année des films de qualité: tout comme No de Pablo Lorraín, Enfance Clandestine témoigne d’une époque à travers une écriture juste portée par une interprétation vivace, dont l’alliance fait par moments penser au dynamisme d’une série télé. Une qualité aujourd’hui indéniable.

Sérieux cette fois-ci hein, le Popcorn. C’est que le sujet rend solennel. De la dictature à hauteur d’enfant, ce ne sont pas tant les genoux des soldats que l’on aperçoit mais plutôt ce qui se passe derrière le trou de la serrure de sa planque au fond du garage. Juan, dit Ernesto, n’est pourtant presque plus un enfant. A douze ans, il revient en cachette avec ses parents de leur exil à Cuba, prêts à en découdre de nouveau avec le pouvoir militaire qui bride le pays. Entre cour de récré, premier amour et réunions clandestines de guérilleros tous droits sortis de That’s 70 show (l’époque capillairement photogénique de Scooby-doo et des Bronzés), le jeune Ernesto placerait bien le curseur vers la normalité plutôt que la lutte armée. Mais on ne choisit pas ses parents… Le danger qui leur tourne autour se rapproche insidieusement malgré un quotidien qui frôle parfois la banalité heureuse.

Manu Chao n'a pas le monopole du clandestino

Manu Chao n’a pas le monopole du clandestino

Ce premier long-métrage s’apprécie d’autant plus finement lorsque l’on sait qu’il est pour partie autobiographique. L’oncle Beto le rigolard, Maria la jeune danseuse ou encore Vicky la petite soeur gagnent alors en aura et sympathie, figures anodines et attachantes d’une histoire qui les dépasse sans qu’ils ne s’en rendent compte. Car le prisme du passé, loin d’éloigner la temporalité du film dans un « avant » ennuyeux, le transforme grâce à l’histoire personnelle du réalisateur Benjamín Avila en une anecdote contemporaine. C’est également là que réside la force d’Enfance Clandestine, dans cette capacité à mobiliser au présent et à travers une sensibilité bien particulière l’empathie de spectateurs d’une autre époque et d’un autre pays.

Et notez-bien qu’un devoir de mémoire réussi peut parfois même sortir de l’exercice scolaire pour se transformer en une aventure prenante. Quand vous irez voir Enfance Clandestine, promis, non seulement vous ne vous endormirez pas, mais vous améliorerez en même temps et votre espagnol, et votre connaissance de l’histoire de l’Amérique latine. Qui dit mieux?

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