Expendables 3, de Patrick Hughes (et Sylvester Stallone)

*  Au secours 

Enfin, enfin !, une bonne grosse surproduction made in US sur laquelle se défouler. Depuis Cloud Atlas, on n’avait plus eu l’occasion de s’épouvanter aussi profondément à propos du niveau abyssal de connerie de certaines réalisations. On pressent que le moment est vraiment grave lorsqu’on se met à regretter la présence de Jean-Claude Van Damme ou de Chuck Nurris, « qui eux, au moins, relevaient le niveau. » Ah bon ?

mais qu'est-ce que c'est que cette petite machine ?

mais qu’est-ce que c’est que cette petite machine ?

Pourtant, Expendables 3 avait sorti l’artillerie lourde. Très, très, très lourde. Gros casting, gros flingues, grosses explosions, gros … Bref. Le chef de troupe, Sylvester Stallone, est malheureusement passé de l’expressivité d’un bon chien de berger à celle d’une huître, ce qui n’est pas pour arranger les choses lorsque l’on sait qu’en plus d’être le good guy de l’affaire, il en est aussi le co-auteur et scénariste. Ouch.

Etrangement, les précédents volets de la « saga » étaient parvenus à la force de leurs énormes biceps tatoués à créer une sorte d’équilibre entre blagounettes, scènes de combat et petits moments – pas trop – d’émotion et de franche camaraderie. Presque, disons-le, Expendables 2 était « bien », parce que cette bande de super-héros à la retraite avait su jouer sur l’auto-dérision et leur propre caricature. Ca, c’était marrant.

Et en plus, y a une fille.

Et en plus, y a une fille.

Alors que là… Là, les voilà qui se remettent à se prendre au sérieux. Et ça fait mal à l’égo. Moins de vannes, mais plus mauvaises. Plus de combats, hilarants de n’importe quoi. Plus d’ « émotions », si l’on ose dire que la conception toute Stallonienne de l’émotion parvient ne serait-ce qu’à vous empêcher de bailler, ou de ricaner. Mais pourquoi ??? Restez-en à l’humour qui tache, please. Et alors voilà qu’intervient le clou du spectacle, l’idée de génie scénaristique, l’invention époustouflante des auteurs, à laquelle personne n’avait encore pensé : introduire la « génération Y » dans la bande de papis qui sauvent le monde des méchants hommes. « Oh mais c’est quoi cette petite machine ? », « Un ordinateur, mais je l’utilise pour regarder la météo moi ho ho ho ho ho », « alors là on va hacker le système de surveillance », « ah bon mais on peut faire ça ? oh la la place aux jeunes hein ». Snif. Snif. Et snif.

Expendables 3 garde tout de même un précieux avantage : on y voit plus de stars que dans Voici, et là, en plus, elles bougent. Sylvester Stallone, Jason Statham, Harrison Ford, Mel Gibson, Arnold Schwarzenegger, Antonio Banderas, Jet Li, et les autres. Au dodo.

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