Gravity, de Alfonso Cuarón

**** Si tu me lâches, je tombe ?

même pas peur!

même pas peur!

Le commandant Kowalsky (George Clooney) et la jeune docteur Stone (Sandra Bullock) s’affairent tranquillement à réparer un composant de leur base spatiale, façon bricolage du dimanche. Alors que Kowalsky enchaîne les pirouettes dans le vide en déblatérant sa vie aux opérateurs de Houston, on aperçoit soudain un plan renversé dans lequel apparaît notre planète sous nos pieds, format panoramique : mais qu’est-ce qu’elle fout là, la Terre ? Les phobiques du vide et les claustrophobes en puissance risquent d’apprécier. Quant aux scènes dans lesquelles les cosmonautes se prennent des pluies de débris, dérivent dans l’espace et autres réjouissances, elles vous feront à tout jamais arrêter de fantasmer sur ce métier. Comme le lâche Ryan Stone fort à propos au vu de sa situation (oui, une fille avec un prénom de garçon, un passage douteux du scénario) : « I hate space ».

Gravity, film de survie apocalyptique à l’Armageddon, se démarque nettement de celui-ci pour deux raisons. Un, parce que les effets spéciaux réalisés font rapidement oublier que tout ceci n’est « que » de la pure fiction, et n’a pas été filmé in situ. Deux, parce que les scénaristes se sont permis une petite dose d’humour et d’autodérision qui – malgré quelques très mauvaises répliques moralistes typiquement Américaines et malheureusement inévitables sur la beauté de l’existence et la nécessité de se battre pour survivre -, confèrent au film une personnalité propre et une recherche narrative identifiable.

A cup of coffee?

A cup of coffee?

George Clooney fait parfaitement bien son George Clooney, ironique, séducteur et galant jusque dans le sacrifice, avec une pointe de Nespresso pour corser le tout. Sandra Bullock gagne enfin le droit d’être décatégorisée « brunasse à comédie sentimentale », même si la pauvre écope d’un personnage au passif et au traumatisme personnels scénarisés à la truelle (dans le genre mère blessée, ils y sont allés forts).

Gravity, c’est du spectacle à la Space Mountain agrémenté d’une volonté artistique. Il s’agit donc d’un film qui donne à voir le cinéma pour ce qu’il a de plus spectaculaire, et qui évite le pur divertissement gratuit en se donnant les moyens d’inventer un univers. En l’occurrence, le nôtre.

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