Hannah Arendt, de Margarethe Von Trotta

seau popcornseau popcornseau popcorn Mad Men version philo, ou la démonstration du point Godwin*

c'est vrai ça, qui suis-je??

c’est vrai ça, qui suis-je??

Je peux vous assurer qu’il est psychologiquement plutôt difficile d’écrire une critique qui soit assez intelligente pour parler d’un film sur Hannah Arendt. Ou alors… Il faudrait peut-être attaquer le sujet sous l’angle de la plus parfaite stupidité. Ou alors… Dilemme. Je suis donc je pense. Argh. Cqfd.

Pour ceux qui ne connaissent pas et poussent la paresse jusqu’à ne pas cliquer sur Wikipédia, Hannah Arendt est une fameuse philosophe du XXème siècle, notamment connue pour avoir théorisé sur les systèmes totalitaires (ayant elle-même fui l’Allemagne nazie) et la culture (en crise, déjà). Il serait d’ailleurs bienvenu que chaque spectateur ait lu du Arendt avant de regarder le film… en même temps, je me fais la réflexion soudaine que ceux qui voudront y aller connaissent certainement déjà. Donc l’ont lu. Le titre, au moins. Bref.

1961. Hannah Arendt, célèbre professeure de philosophie, vit à New York avec son mari Heinrich. Le Mossad capture alors un ancien dignitaire nazi, Adolf Eichmann. Hannah Arendt demande au New Yorker de couvrir pour eux son procès qui se tient à Jérusalem. Confrontée à une prise de conscience inattendue, elle en sort un livre qui va provoquer une polémique virulente.

Je fume donc je suis

Je fume donc je suis

Tout à la fois cours de philosophie, cours d’histoire et biopic, ce film aux tonalités ocres, tailleurs de tweed, vapeurs éthyliques et épais nuages de cigarettes rappellera certainement à certains l’ambiance d’une certaine série à succès. La comparaison s’arrête là, car il ne s’agit pas ici de disserter sur les aventures d’un publicitaire au physique avantageux mais sur les crimes contre l’humanité perpétrés par les nazis. Résumé comme cela, ça jette un peu un froid. Et pourtant, Margarethe Von Trotta parvient grâce à un savant dosage scénaristique à transformer ce qui aurait pu n’être qu’un douloureux pensum en un moment de cinéma de grande densité, bien que très (trop) formel. L’interprétation toute en justesse de Barbara Sukowa (Hannah Arendt) fera certainement regretter à certains de n’avoir eu comme prof de philo qu’un vieillard bedonnant qui confondait Platon avec Aristote (à moins que ce ne soit le contraire).

Même s’il manque peut-être d’une dose de fantaisie et de liberté personnelle, ce film-là, sans toucher au chef d’oeuvre, agit pour le moins comme un beau témoignage humain et un exercice de mémoire qui mérite le respect. Car il fallait avoir un sacré courage pour s’attaquer à un personnage pareil sans rebuter les foules. S’il ne vous donne pas envie de vous plonger dans les passionnants ouvrages de la philosophe, conseillez-le au moins à vos connaissances qui passent le bac. Ca leur sera toujours plus utile (mais moins drôle) que les méthodes de révision des Profs

*Point Godwin: Du nom de Mike Godwin. Cette loi énonce que « plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1 ». (source: Wikipédia)

 

 

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