Hijacking, de Tobias Lindholm

seau popcornseau popcornseau popcorn                  Le piratage façon Danemark:                                                                                   le retour inattendu de la négociation par fax

Et pendant ce temps, la famille royale pouponne

Et pendant ce temps, la famille royale pouponne

Tobias Lindholm, scénariste de la série politique Borgen, met en scène dans un univers proche de la construction d’un épisode de série à suspens le détournement d’un cargo danois par des pirates somaliens. Ce double huit-clos, navire craspouille d’un côté, siège reluisant de la compagnie maritime de l’autre, embarque le spectateur dans 109 minutes de tractations financières et de pression psychologique rondement menées.

Car l’enfermement est double, et pas uniquement du côté des otages. Mikkel (Pilou Asbaek), cuisinier à bord du Rozen, est choisi par Omar, le négociateur, pour faire le lien avec le Danemark. De ce fait, il gagne une importance émotionnelle fondamentale dans la stratégie de négociation du PDG de l’entreprise, Peter (Soren Malling), décidé à porter l’affaire sur ses seules épaules. Obsédé par ses conversations erratiques avec Omar, qui téléphone ou envoie des fax sans aucune logique du timing, Peter s’enferme des mois durant dans son bureau, unique relais qui prouve que son équipage est toujours en vie.

Un équipage qui survit dans une minuscule pièce écrasée par la chaleur et les odeurs de ses déjections. Les pirates, éléments changeants et insaisissables, alternent courts instants de fraternité humaine et cruauté la plus élémentaire, plongeant les otages dans un état de stress psychologique qui tend vers la folie. Un processus qui se déroule presque à l’identique dans le bureau de Peter.

affiche-du-film-hijacking-10928127pfiemC’est d’ailleurs dans le choix de ce traitement, où la pression humaine et financière remplace l’air de rien les scènes d’action, dans cette construction en miroir entre terre et mer, et dans l’absence de misérabilisme ou d’effets larmoyants, que se situent l’originalité et la justesse de Hijacking par rapport aux films du genre. Un voyage solide et haletant dans lequel le spectateur s’embarque sans réfléchir et sort essoré. L’expérience vaut le détour ne serait-ce que pour mettre un visage et une émotion sur ce phénomène du piratage moderne dont les mentions journalistiques laissent de marbre un public qui peine à en imaginer la réalité.

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