Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Cohen

*** Le film hipster version looser

Je suis plus beau quand je suis triste

Je suis plus beau quand je suis triste

 Inside Llewyn Davis ne raconte pas Il était une fois la vie dans le corps d’un certain Llewyn, et ne fait pas non plus référence à un nouveau type de film érotique, non, Inside Llewyn Davis est tout simplement le titre du 33 tours du chanteur et guitariste folk du même nom, voué à l’échec et à dormir sur des canapés dans un New York glacé.

Barbe noire et bouclée, pull en maille et mitaines trouées, voix romantique et regard ténébreux, Oscar Isaac a dans ce film tout du hipster de 2013. Si sa performance d’acteur est franchement à saluer, celle du film est à l’inverse à nuancer. Les frères Cohen nous avaient habitués à plus couillu, à une poigne de fer dans un gant de velours. Or avec cet opus folk, le spectateur déçu ne serre qu’une poigne de velours dans un gant de velours… mité. Tout y est : pauvreté, road trip, fond du gouffre, filles à frange et bars intimistes, tout on vous dit, il y a même un chat.

Alors oui, c’est beau, c’est smooth, c’est folk, c’est même par moments franchement marrant, mais voilà, ça ne prend pas. La faute à quoi ? A un Justin Timberlake et une Carey Mulligan peu convaincants car inexistants ? A un étirement en longueur d’un film qui ne sait plus quoi raconter, et finit justement comme il a commencé ( une ficelle narrative dont le manque de finesse étonne franchement de leur part) ? Au rythme dépressif de la folk, sympathique d’aobrd mais antipathique ensuite ?

Si le talent des réalisateurs, leur sens de l’image et de l’ambiance, sauvent ce film de la caricature mollassonne, il n’empêche que l’on n’aimera jamais tant les frères Cohen que dans leur interprétation d’un monde moins ouaté par des accords de ukulélé.

Inside-Llewyn-Davis

2 réflexions au sujet de « Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Cohen »

  1. La critique semble un peu dure, mais faut comprendre. 1h45 de folk dans les oreilles, la gorges intégralement desséchées par le sceau de popcorn ingurgité en un bloc avant le début avec vue imprenable sur le fond de bouteille d’eau du voisin (pas celui qui ronfle, l’autre), ça irrite…
    Mais on ne sort pas de la salle avec la sensation de s’être ennuyé et blasé qu’il fasse déjà nuit alors qu’il est 17h. On a vagabondé, médité, un hipster dirait « chillé ».
    Une bonne soupe (maison à base de potimarron avec cumin et cannelle), et au lit !

    • Superbe :)
      On a vagabondé, certes, mais l’humour plus grinçant des frérots nous manque un poil, tout de même.
      Je réplique fromage blanc-crème de marron contre soupe au potimarron. Les deux ensemble eut été parfait!

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