L’amour est un crime parfait, de Jean-Marie et Arnaud Larrieu

*  *  Mais le film, moins !

Viard et Podalydès, un couple déjanté au top de la lunette 3D

Viard et Podalydès, un couple déjanté au top de la lunette 3D

Certains auront peut-être du mal à comprendre le sens de ce titre, beaucoup risquent même de repartir avec cette interrogation en sortant de la salle. Disons que l’on comprend, sans vraiment comprendre. Inconfortable, comme situation. Les frères Larrieu ont tissé d’après le roman de Philippe Djian un embrougliami familialo-sentimentalo-psychotique qui peine à choisir son camp. Il ne s’agit pas vraiment d’un thriller, d’un drame oui, d’une histoire d’amour, peut-être. Un doux mélange des genres dont d’indécision égare le spectateur sur la piste.

Marc (Mathieu Amalric, pile poil dans son créneau favori, c’est-à-dire entre séduction et totale névrose), professeur de littérature pour jeunes femmes sexy, vit depuis toujours dans un chalet haut-perché style Elle Décoration avec sa sœur Marianne (Karin Viard), vamp toxique et bibliothécaire dans la même université que son frère. Lorsque disparaît une des étudiantes de Marc, Barbara, le voilà pris au piège entre la détresse de la sublime belle-mère de l’étudiante (Maïwenn), la jalousie de Marianne qui en profite pour fricoter avec le directeur de la fac (un Denis Podalydès parfait de gaucherie), la méfiance d’un enquêteur et le harcèlement d’une autre étudiante chaude comme la braise (Sara Forestier) et virulente adepte de la jupe ras les fesses. Un homme traqué, donc, qui trouve un semblant de réconfort dans ses balades en raquette, pendant lesquelles l’air pur des cimes se dispute la place avec l’air vicié des cigarettes. Une métaphore plutôt efficace du film. Perversion vs. innocence, round 2.

Amalric-Marc, transi d'amour, et de froid

Amalric-Marc, transi d’amour, et de froid

On y fume, beaucoup, on y baise, pas mal, on y parle, trop, ou trop peu, cela dépend des moments. Le meilleur rôle du film, hormis son ambiance à la fois déjantée et morbide, revient sans conteste au paysage de montagne sublime, parfaitement mis en scène par les réalisateurs. Les vrais personnages, humains, s’ils sont tous incontestablement interprétés par d’excellents acteurs, pataugent malheureusement trop profondément dans la neige fondue d’un genre dont le flou artistique, produit par son indécision constitutive,  finit par abîmer l’ensemble.

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