L’Attentat, de Ziad Doueiri

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 Que chacun en prenne pour son grade, et que ça saute!

Vous les femmes, vous ne comprenez rien à la politique!

Vous les femmes, vous ne comprenez rien à la politique!

Le conflit israélo-palestinien, outre sa propension à provoquer scandales politiques, misères humaines et dissensions familiales autour du rôti dominical, inspire également des films d’excellente qualité. Que d’un grand mal sorte un petit bien, c’est déjà ça.

La grande innovation de ce film, adapté du roman éponyme de Yasmina Khadra, c’est notamment que les chrétiens apparaissent au beau milieu du conflit, et pas comme témoins passifs d’une bataille de pouce qui ne les concernerait pas. Autrement dit, le propos y est intelligemment peu manichéen, dans l’espoir un peu utopique mais ô combien évocateur que la faute soit partagée, et donc peut-être un jour résolue. Chacun y prend successivement pour son grade, afin d’éviter toute radicalisation du sujet. Tout en délicatesse et en humanisme, le scénario n’en est que plus efficace.

Amine (excellent Ali Suliman), chirurgien émérite et israélien d’origine arabe, voit sa vie s’écrouler le jour où on accuse sa femme, la douce et belle Siham, de s’être transformée en bombe humaine, tuant 17 personnes dont 11 enfants en plein centre de Tel Aviv. Commence alors pour Amine, citoyen jusque là protégé de tout, une quête et une découverte peu reluisante de la vérité du dehors, toute fanatique et subjective qu’elle puisse être.

"votre femme elle était enceinte? Ou elle avait des gaz peut-être?"

« votre femme elle était enceinte? Ou elle avait des gaz peut-être? »

Outre une interprétation, une mise en scène et une écriture lumineuses, L’Attentat touche avec délicatesse un sujet brûlant dont la complexité explique certainement  par moments la chute dans des instants un peu lourds de justifications identitaires ou de sur-place narratif. La dramatisation fonctionne pourtant, mêlant codes du thriller politique haletant à ceux d’une histoire d’amour passionnée. On ne regrettera qu’une chose, c’est que le film n’aborde pas suffisamment les raisons de l’acte de Siham, laissant au spectateur un goût d’imprécision.

Une fin qui manque d’un aboutissement plus évident, dont on trouvera peut-être la clé en lisant le roman. Quoiqu’il en soit, aller voir L’Attentat ne devrait pas être une perte de temps. Parole de Popcorn.

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