Le Passé, de Asghar Farhadi

seau popcornseau popcornseau popcorn

Le titre de film qui te fait t’allonger sur le divan pour 80 euros de l’heure

merde...

merde…

Le talentueux Asghar Farhadi n’est pas connu pour être un grand rigolo de la vie, certes. Quant à affirmer qu’il lui reste encore quelques family issues à régler, oui, mais celles-ci lui servent apparemment d’inépuisable source d’inspiration. Baudelaire l’avait dit avant: plus on souffre, mieux on crée. Gardez-donc vos névroses au chaud et écrivez un bouquin, bon sang de bonsoir.

Je me moque, mais gentiment, car la virtuosité de l’écriture et de la mise en scène d’Asghar Farhadi étouffe partiellement la langue de vipère du Popcorn dans son épi de maïs. Partiellement seulement, car saluer la sensibilité et la dextérité du réalisateur n’empêche pas de trouver à ce film, tant attendu à Cannes, certaines défaillances qui entachent quelque peu la qualité de l’ensemble.

Ahmad (Ali Mosaffa) revient quelques jours d’Iran à la demande de son ex-femme, Marie (Bérénice Béjo), afin d’officialiser leur divorce. Mère de deux filles issues d’un premier mariage, Léa et Lucie (Pauline Burlet), Marie compte convoler pour la troisième fois avec Samir (Tahar Rahim), père du petit Fouad. Mais Samir traîne une douloureuse histoire familiale que Lucie, adolescente révoltée, refuse de voir entrer dans sa vie. Le bienveillant Ahmad va se retrouver au beau milieu d’un drame familial et sentimental de force 4 proche du thriller qui va vite lui faire regretter le régime dictatorial de monsieur Ahmadinejad.

Le spectateur est plongé dès la première scène du film, dans laquelle Marie vient chercher Ahmad à l’aéroport après 4 ans de séparation, dans un tissu humain et émotionnel bardé de silences, de non-dits, de rancoeur, de souffrance et de tendresse joyeusement mêlées qui tordent le coeur comme une vieille serpillère. La première partie du film captive ainsi sans qu’il ne s’en rende compte un public éblouit par la finesse de l’interprétation, dont chaque personnage en prend à tour de rôle pour son grade, et une dramaturgie tout en détails et retenue.

J'ai toujours été nulle en conjugaison

J’ai toujours été nulle en conjugaison

Ce n’est que lorsque la mécanique commence à s’enrayer, que lorsque la fameuse révélation tant attendue s’étire interminablement en longueur dans une architecture en tiroirs dont les rebondissements finissent par totalement perdre le spectateur en conjonctures et hypoyhèses foireuses, que celui-ci réalise enfin que le lien fragile de la magie du cinéma est devenu visible, et donc caduc.

Le Passé demeure un très beau moment de cinéma et de témoignage humain, mais à trop vouloir poser des questions, il finit par moments d’oublier d’y répondre, et replonge le spectateur dans un état d’angoisse qu’il pensait écarté.

Filmographie sélective de Asghar Farhadi:

  • Les enfants de Belle Ville (2004)
  • A propos d’Elly (2009)
  • Une séparation (2011)

2 réflexions au sujet de « Le Passé, de Asghar Farhadi »

  1. peut-être voulais-tu perdre le spectacteur, dans un élan élogieux venu de ton coeur apparemment serré, en ‘conjectures et hypothèses foireuses’…

    je dis oui à la foire du pop-corn, et non au ciné écorné!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>