Django Unchained, de Quentin Tarantino

seau popcornseau popcornseau popcornseau popcorn   Le popcorn qui like the way you die.

 

popcorn cowboy

 

Puisqu’il faut bien surfer sur la vague et qu’il est tout de même assez difficile de surfer sur autre chose, let’s talk about Django. Le « D » est muet, on l’aura compris.

2h44, c’est tout de même un peu long, cher Quentin, même si ça vous laisse le temps nécessaire pour étaler de la cervelle de négriers un peu partout avec professionnalisme. Vous dépassez les bords quand vous coloriez, y a pas à dire, mais ça ça qu’est bon.

Ce qui suit n’est pas un scoop: dans ce film il y a du sang, de la vengeance, des références cinématographiques et culturelles truffées par-ci par-là à la « trouvez Charlie », une nana qui envoie, des acteurs qui r-envoient, et des répliques qui deviendront bientôt cooltes (de la contraction bien connue entre cool et culte).

C’est long donc, mais globalement horriblement jouissif. Fun fact numéro 1, Quentin Tarantino nous fait rire, mais vraiment rire, d’une pitrerie qui frôle parfois la blague bon enfant et nous fait oublier un instant que ce type là a du meurtre psychopathe à son actif (et même si en arrière-plan un esclave est en train de se faire déchiqueter vivant par une horde de chiens affamés).

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Deuxièmement, Tarantino s’entoure d’une équipe d’acteurs qui se place d’emblée à la hauteur du projet, voire plus haut, en montant sur un escabeau. Christoph Waltz est sublime de diction châtiée (je garde ici une petite rancoeur contre Quentin qui n’aurait pas du le faire mourir à la fin. Ah zut vous ne l’avez pas encore vu? Bon. Bref, il meurt à la fin), Jamie Foxx hiératique dans sa dignité bafouée (quoique un peu lisse), DiCaprio superbement agaçant dans son rôle de fin de race décatie, et Samuel L. Jackson provoque des envies de meurtre qui prouvent qu’il s’est parfaitement glissé dans la (vieille) peau de son personnage. Un peu misogyne, le Quentin? Peut-être, quoiqu’il en soit, les apparitions célestes de Kerry Washington, aka la femme bafouée de Django, finissent par lasser un spectateur pourtant bluffé par la beauté de ses grands yeux de biche larmoyants. Petit bémol donc sur la part féminine du western spaghetti. Complètement bolognaises, celles-ci.

Un Django qui une fois unchained fait également un peu trop traîner son final vengeur en une explosion de bim bam boum un poil longuet. Ca aurait été moi, j’aurais fait sauter tout ce beau monde au dessert.

Un scénario aux répliques fignolées aux petits oignons rings, réjouissant, auquel on

I like the way you eat, boy.

I like the way you eat, boy.

enlèverait cependant allègrement une quinzaine de minutes et quelques mièvreries dramatiques. Le concentré de tomates pour les spaghetti, ça a parfois du bon.

Mais quand Tarantino fait du Tarantino, et se laisse prendre à la magie du cinéma, tellement ému même par moments par son propre génie qu’il en oublie d’être cynique, qu’il tire les ficelles de réalisateur avec dextérité et donne toute sa puissance à l’imaginaire historique, on se dit que finalement tout n’est pas complètement mauvais chez les américains.

 

 

 

 

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