Le temps de l’aventure, de Jérôme Bonnell

seau popcornseau popcornseau popcornseau popcorn                         Le printemps rend le popcorn romantique                         et les parisiens (presque) sympathiques

L'amour pour les nuls

L’amour pour les nuls

Assumer son goût pour le romantisme, lorsqu’il est mis en scène avec un talent cinématographique évident, ne fait pas peur à la critique rentre-dedans. Car à travers ce conte estival qui n’aurait certainement pas déplu à Eric Rohmer se dégage une intensité dont le décalage avec l’apparente simplicité du scénario prouve bien toute la puissance du septième art.

Le temps de l’aventure oeuvre presque comme un cas d’école, en démontrant qu’il n’est nul besoin d’une avalanche d’effets de styles scénaristiques et visuels pour produire un film fort. Alix (une Emmanuelle Devos vibrante, débordante d’humanité et d’émotion) et Douglas (Gabriel Byrne, dont le charme flegmatique anglo-saxon se teinte de braise), vivent – et le verbe a de l’importance – une histoire d’amour on ne peut plus sincère qui naît dans le train de 6h50 pour s’effacer, peut-être, avec celui de 18 heures, et balaie de sa puissance une journée de deuil et de remise en question. Qui eût cru que la Gare du Nord, derrière les cris des affrontements entre gangs, possédait un tel potentiel sentimental?

Le temps de l’aventure est un film diablement surprenant, la preuve en 7 points:

  • Il nous tient en haleine et crée un véritable suspens alors que l’on s’attendait à un long fleuve (trop) tranquille.
  • Il nous fait rire alors que l’on pensait que l’humour serait étouffé par la mièvrerie.
  • Il rend les personnages proches, sympathiques et crédibles alors que l’on s’apprêtait à les trouver ridicules.
  • Il redonne à Paris son statut de « ville de l’amour » sans jamais tomber dans le cliché.
  • Il réinvente un univers entier à partir d’éléments bien connus.
  • Il se permet une fin qui déroute les pronostics. 
  • Il crée un couple d’acteurs dont l’association, pourtant peu évidente, produit des étincelles.
big bisou

big bisou

Le temps de l’aventure fait partie de ces films qui séduisent ceux qui acceptent de monter dans le train en marche, ceux qui, exactement comme Alix – et ce parallèle omniprésent entre les fantasmes du spectateur et ceux de la protagoniste constitue ici l’une des plus grandes réussites de Jérôme Bonnell -, décident de se laisser emporter par les coïncidences et les petites interrogations du quotidien.

Quant aux autres, ils risquent de s’ennuyer profondément devant un récit dont ils attendront en vain qu’il les prenne par la main pour les assoir de force dans un des carrés famille du tgv.

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