L’écume des jours, de Michel Gondry

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                        Ce soir avec Boris, c’est soirée disco!

Omar Sy aux fourneaux, c'est Top Chef tous les jours

Omar Sy aux fourneaux, c’est Top Chef tous les jours

Pari osé s’il en est, l’adaptation du roman de Boris Vian au cinéma ne pouvait que déchaîner les spéculations. De l’imagination débridée de Michel Gondry à un casting pour le moins surprenant, les brokers qui avaient misé sur la hausse de la côte du film risquent de se retrouver au frais à côté de Madoff et autres Kerviel.

Que l’on soit fanatique du roman ou non (je vois venir les critiques de subjectivisme), qu’on l’ai tout simplement lu ou pas, le constat reste le même: l’avalanche de gadgets et la frénésie que met Gondry à vouloir dépasser Vian en fantaisie (et voire en génie) met assez mal à l’aise un spectateur déjà écrasé par ce vomissement d’images. Comme quoi, la littérature ne supporte pas toujours les trois dimensions.

Ca va sous l'eau sans branchies?

Ca va sous l’eau sans branchies?

Colin (Romain Duris), riche oisif, rencontre la jolie Chloé (Audrey Tautou), qu’il épousera 6 mois plus tard sur les conseils avisés de son meilleur ami Chick (Gad Elmaleh), de son cuisinier Nicolas (Omar Sy) et de sa nièce Alise (Aïssa Maïga). Tant de bonheur éhonté ne pouvait durer plus longtemps: on détecte un nénuphar en pleine phase de croissance dans le poumon de la pauvre Chloé. Commence alors une lente descente aux enfers dans ce monde magique dont la fantaisie rosée se teinte peu à peu de noir. Or c’est exactement ce que vit le spectateur dans la salle. Charmé par les premières minutes du film, dont la primeur confère ainsi qu’aux fleurs qui le parsèment vivacité et couleur, le public se lasse vite d’un déchaînement d’effets visuels nauséeux et d’une galerie de personnages apparemment bloquée sur le même registre. Seuls Romain Duris et Aïssa Maïga (et Alain Chabat pourtant coincé dans un frigo) semblent posséder une véritable présence qui apporte une once de sensibilité à un univers mécanique qui, comme la maison de Colin, écrabouille peu à peu ses occupants. Les autres, poussifs lecteurs de l’oeuvre de Boris Vian, récitent leur texte avec les gestes fatigués de pantins désincarnés.

Bien entendu, soyons justes, poésie, imagination, ainsi qu’un merveilleux regard critique sur la société structurent ce film, puisque celui-ci s’acharne en apparence à demeurer le plus fidèle au livre que possible. En apparence seulement, car il était inévitable que Michel Gondry tente de rivaliser avec un auteur qui l’attaquait sur son propre terrain, celui du fantasque et de la science des rêves. 1-0 pour le scribouillard.

NB: Le deuxième sceau de popcorn n’est là que pour inciter les lecteurs récalcitrants à se plonger dans la version papier (ou kindle) de l’oeuvre.

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