L’inconnu du lac, de Alain Guiraudie

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A y est, suis caché!!!

A y est, suis caché!!!

Beaucoup de choses plus ou moins idiotes ont été dites sur L’inconnu du lac, voire carrément stupides du côté du 9-2, mais la plupart ont oublié de préciser qu’il s’agissait là d’un film remarquable de finesse et d’économie qui impose sa beauté simple dans un décor naturel superbe, truffé, il est vrai, d’hommes nus en pleine action. Si la pipe et les engins qui vont avec vous donnent la nausée, passez votre chemin, ou mieux, offrez-vous une place au premier rang: une thérapie par l’image à moins de 10 euros, ce n’est pas cher payé.

Dans une veine artistique très proche des contes moraux de Rohmer, Alain Guiraudie donne à voir un microcosme humain qui a pris l’habitude de se cacher pour mieux s’aimer, au beau milieu d’un huit-clos sauvage. Peu de dialogues, si ce n’est les échanges indispensables à l’établissement de tout contact humain. Franck (Pierre Deladonchamps) est jeune et solaire. Il vient sur les berges du lac en quête d’amour, et y trouve l’amitié, sous l’apparence du solitaire Henri (Patrick d’Assumçao). Jusqu’à ce que son attention se porte sur le troublant Michel (Christophe Paou), dont l’animalité virile va bientôt tourner au cauchemar.

Et dire que le dessin devait adoucir les moeurs

Et dire que le dessin devait adoucir les moeurs

Car Franck se laisse happer dans une ronde de séduction qui a tout du thriller, amoureux jusqu’au suicide. L’inconnu du lac nous surprend totalement en transformant ce qui aurait pu n’être qu’un drame tragi-romantique en un mythe dont le suspens ne lâche jamais un spectateur pourtant condamné à revoir éternellement la même scène, le même découpage, les mêmes herbes qui dissimulent mal les ébats et les mêmes galets de la berge.

L’inconnu du lac, loin des clichés mièvres sur l’homosexualité, transforme une anecdote en un polar universel avec si peu de remplissage scénaristique que le scénario en devient plus imposant, et se permet même de rigoler un peu entre deux tensions dramatiques. Balaise.

* Ithyphallophobie: peur de l’érection. Aïe.

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