Piégé, de Yannick Saillet

*   *   C’est le cas de le dire

Transpirer, d’accord, mais pas sous les bras, et pas devant des dames.

Réalisateur de publicité, Yannick Saillet passe pour la première fois avec Piégé au long-métrage. Qu’importe, il n’y va pas de main morte, en proposant un pitch ambitieux faussement abracada-brantesque : Denis (Pascal Elbé), un soldat français en mission dans un désert d’Afghanistan, pose le pied sur une vieille mine soviétique. S’il bouge, la mine saute. Le voilà livré aux dangers du désert et des crampes momentanées.

Ce huit-clos original en plein air, entrecoupé d’images de guerre et de tempêtes de sable, bénéficie d’une image léchée, maîtrise héritée du passé de Yannick Saillet. Le réalisateur s’offre même le luxe de plans-séquences contemplatifs, rythmées par la lumière du soleil et la transpiration de Denis coincé sous le cagnard.

piLe film parvient d’ailleurs, malgré le défi qu’il s’est lui-même imposé par son propre scénario, à tenir debout jusqu’à la fin. Les événements s’y succèdent plutôt intelligemment. Mais le gros défaut du film consiste à passer à côté de son principal intérêt, c’est-à-dire ce qui se déclenche dans la tête de Denis pendant son calvaire, ses hésitations, doutes, peurs, et revirements de situation. Or l’empathie qui  seule aurait pu conférer une âme et une réelle densité à cette histoire ne se développe jamais vraiment. Résultat : on regarde ce film avec un regard distancié, incompatible avec la force de frappe désirée par le scénario. On observe l’image, le décor, beaux, certes, mais on s’en tient là. Un peu dommage, mais prometteur.

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