Song for Marion, de Paul Andrew Williams

seau popcornseau popcorn

 Le jour où j’ai enfin eu la preuve que mon mascara waterproof                          était vraiment waterproof.

Parce qu’après avoir bravé la pluie du mois de mai, votre dévouée critique a testé en personne l’effet lacrymal de la comédie dramatique anglaise la plus kleenex de la décennie.

Une note de plus et je me crève les tympans!

Une note de plus et je me crève les tympans!

Vous avez pour une fois envie de pleurer d’émotion et non de rage? Song for Marion est fait pour vous. Vous y dégusterez, à la plus grande joie de vos lentilles de contact asséchées par l’air putride du métro ou de la clim de votre bureau, à un cocktail british détonnant de deuil, crise familiale, paternité refoulée, altruisme en jupons, dévouement aux personnes âgées et amour indestructible. Un scénario à mots-clés dont le généreux auteur a dû se dire que plus on en met, mieux c’est. Comme quoi, ce qui est vrai pour le nutella ne l’est pas toujours pour le reste.

Arthur (le toujours sexy Terence Stamp) et Marion (Vanessa Redgrave) forment un couple charmant de petits vieux, ours mal léché pour l’un et rayon de soleil pour l’autre. Atteinte d’un cancer, Marion trouve un réconfort immense dans la chorale de quartier dont elle fait partie, dirigée par la dynamique Elizabeth (Gemma Aterton, qui a troqué son minishort de Tamara Drewe contre des jupes au-dessous du genou). Misanthrope et rabat-joie, Arthur se laissera-t-il contaminer par l’enthousiasme rock’n roll de « Let’s talk about sex, baby » chanté par une troupe de seniors sous guronzan?

Lalalalalalalalaaaaaaaaa

Lalalalalalalalaaaaaaaaa

Reconnaissons le mérite, devenu rare au cinéma, à Song for Marion de toucher le spectateur par des sentiments positifs et libératoires qui, pour une fois, ne serviront pas d’inspiration à des psychopathes en manque d’imagination. Pétri de bonnes intentions et d’un regard optimiste sur l’humanité, le film se charge au fur et à mesure de son développement dramatique de facilités scénaristiques dont l’impact étonnant sur les glandes lacrymales finissent par épuiser le pauvre spectateur qui rêve alors de sa couette, d’un paquet de mouchoirs et d’un gros pot de glace au chocolat. On aimerait bien (pleaaaaaaase!) que les quelques gags du film, plutôt réussis, se démultiplient. Mais l’humour grinçant qui fait la spécificité des comédies britanniques indépendantes n’a pas su résister à l’avalanche du syndrome Petits Mouchoirs. Snif.

Heureusement que Terence Stamp, dont le petit côté Bacri rassure un spectateur français perdu dans de tels dédales de bons sentiments, densifie par sa seule présence une narration à l’eau de rose. Les autres acteurs principaux, Gemma Aterton, Vanessa Redgrave et Christopher Eccleston, font de leur mieux pour porter ce film qui, tout en étant éminemment sympathique (difficile de dire le contraire sans passer pour un dangereux aigri), ne restera pas dans les annales, si ce n’est celles de votre consommation de mouchoirs.

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