States of Grace, de Destin Cretton

* *  Misère sociale et jeunes en détresse au pays des bisounours américains

de l'importance des câlins

de l’importance des câlins

C’est étrange comme parfois, un regard d’une pourtant réelle sensibilité ne peut éviter de se raccrocher à un pathos édulcoré et à un décor rafistolé par les bons sentiments. Manque de confiance? Immaturité? States of Grace fascine et ennuie à la fois, le talent de son réalisateur et d’un scénario intelligent se perdant dans une sorte de timidité, de retenue, qui finit par aplatir l’ensemble.

States of Grace est loin d’être un mauvais film; mais c’est un film qui déçoit sur la longueur: la profondeur et la gravité de son sujet, bien que soutenues par des acteurs solides à l’interprétation attachante, y sont sans cesse happées par un effort de colmatage de la terrible réalité. Comme si le réalisateur abordait un thème – la maltraitance sur mineurs, et leurs vies abîmées  - trop difficile à regarder en face. Résultat, on y parle entre parenthèses de troubles psychiatriques, d’abus sexuels, d’abandons, de coups, tout en enrobant le tout dans un environnement à la Walt Disney.

l'amour c'est mieux que du sparadrap

l’amour c’est mieux que du sparadrap

Cet environnement, c’est le foyer d’accueil où travaille Grace (Brie Larson), jeune femme dévouée à la cause de ces jeunes au passé familial insupportable. Elle-même ancienne victime, Grace entoure ses protégés d’une franche camaraderie et d’un sourire sans faille, bien que son propre passé revienne la hanter et l’handicaper. Avec elle se trouve un autre éducateur, Mason, son compagnon, jeune rigolard à la barbe tendre. States of Grace, proche de l’esprit documentaire, s’invite quelques semaines dans le quotidien de Grace, observe ses peurs, ses doutes, ses joies, sa façon de vivre et d’avancer. Le film est souvent drôle, parfois tragique, à la fois léger et désespéré, mais rien n’y fait : malgré son attention éveillée et bienveillante, le spectateur ne pourra manquer de noter cette bien-pensance omniprésente et quelque peu anesthésiante.

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