Stoker, de Park Chan-Wook

seau popcornseau popcorn      On peut être un serial killer et aimer les petites fleurs

kikou c'est moi!

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L’auteur du terrifiant Old Boy revient sur les écrans avec un conte familial chiadé dont la beauté de l’image et le rythme virtuose du piano en bande-son masquent à peine un scénario répétitif truffé d’empreints aux références du genre et un film qui à l’arrivée reste complètement muetMortel.  

De Dexter à Kill Bill en passant par la Famille Addams, Park Chan-Wook a apparemment puisé large dans le champ des inspirations. Une esthétique du meurtre à la Tarantino et une sociologie familiale à la Festen couplée d’une dose de Petits Meurtres entre Amis et d’une scène de douche hitckockienne. Voilà qui s’annonçait pas trop mal. D’autant plus que le trio d’acteurs principaux, Mia Wasikowska (India), Matthew Goode (Charlie) et Nicole Kidman (Evie), double sa belle interprétation d’une photogénie certaine qui sent bon le papier glacé, et participe de fait à l’ambiance glamouro-morbide de la belle maison des Stoker.

Un petit air de déjà-vu non?

Un petit air de déjà-vu non?

Car Stoker, c’est le nom de famille d’India, 18 ans, et de sa mère Evie, dont le père et  mari vient de mourir brutalement carbonisé dans sa voiture. Le jour de l’enterrement, son jeune frère Charlie, disparu de la circulation depuis une bonne vingtaine d’années, débarque chez les Stoker et s’installe dans la grande maison. Ce beau jeune homme aux yeux bleus globuleux de Hobbit se lance dans une opération séduction mêlée d’étrangetés qui virent à la psychopathie. Qui de la nièce ou de l’oncle saura le mieux dompter le sang des Stoker?

La maîtrise technique et artistique esthétisante indéniable de Park Chan-Wook étouffe jusqu’à l’asphyxie un film qui constitue certes une belle promenade dans l’image et l’imaginaire, mais qui se termine dans un vide de sens total, par un joli coup de sécateur (comprendront ceux qui iront le voir). Dommage.

2 réflexions au sujet de « Stoker, de Park Chan-Wook »

  1. genre délicieux et très novateur que le glamouro-morbide!
    fin vide de sens en effet, sauf si on considère le transfert réussi de l’instinct de mort comme une fin en soi.

    question: comment le popcorn interprète-t-il les références arachnéennes?!

    • Je ne vois pas en quoi faire de l’instinct de mort une fin en soi est un transfert, mais le fait même de vouloir le faire rend bien compte à mon (humble) sens de l’absence de message dans ce film. L’esthétique donne ici bien plus de direction dramatique que la narration en elle-même.

      La petite araignée qui grimpe entre les jambes de la charmante India peut symboliser sa personnalité de tueuse, au départ elle ne parvient pas à ses fins, et chute au niveau des mollets, jusqu’à cette image étrange où ladite araignée se faufile enfin sous la jupe de la donzelle. N’oublions pas qu’India se tape alors un orgasme après son premier meurtre. D’autant plus que les livres religieux font de l’araignée un assassin en chef. Je laisse creuser le sujet aux fanas de symbolique.
      L’araignée filmée en large ouverture type documentaire Geo rappelle également le lien hypersensible qui lie India à la nature qui l’entoure. Tout un monde donc…

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