Les Combattants, de Thomas Cailley

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*  *  *  *   Stage de survie au Cap Ferret 

Il y a eu un endroit où il a fait beau en France, un jour, et c’est apparemment sur la côte Atlantique, version Landes. Trop beau même, parce que l’été ça crame, dans les forêts de pin.

600x800_231046Arnaud (Kevin Azaïs) est un jeune du coin, il vient de reprendre l’entreprise familiale de boiserie avec son frère. L’été se passe en virées avec les potes et petits boulots, jusqu’au jour où il rencontre Madeleine (Adèle Haenel), une nana timbrée qui passe son été à s’entraîner à la survie. Oui, parce que la terre va forcément exploser, au cas où vous l’ignoriez, et qu’il vaut mieux être prêt à bouffer des animaux crus et savoir nager avec 15kg sur le dos le jour de l’apocalypse.

645391-les-combattantsCoup de bol, l’Armée de Terre (qui en prend au passage pour son grade) est en pleine campagne de recrutement sur les plages de France. Madeleine s’inscrit à un stage militaire, Arnaud suit Madeleine, et les voilà tous les deux embarquées dans une virée sauvage et romantique irrésistible entre pompes, treillis et barres de céréales. Le décor est renversant de beautés, les jeunes acteurs aussi. Le tout servi par un scénario franchement drôle truffé de clins d’oeil décalés et une bande-son qui prend aux tripes. Une comédie romantique hors normes, qui fait du bien, à la fin de l’été. Repos !

Edge of Tomorrow, de Doug Liman

*  *   Si je vous dis : Tom Cruise, alien, blockbuster, sauver le monde,                    ça vous inspire quoi?

Résumé de la sorte, une sorte d’impression de déjà vu flotte comme qui dirait dans l’air… Et pourtant Edge of Tomorrow, malgré un bon vieux titre bien kitsch de film de fin du monde, se permet des petites libertés avec le genre qui ne sont pas pour déplaire au spectateur. Tom Cruise possède décidément cette étonnante faculté de toujours avoir l’air de se renouveler sans jamais vraiment proposer quelque chose de nouveau !

l'amour vache

l’amour vache

Car oui, Tom Cruise, alias Major Bill Cage , va se démener pour tous nous sauver. Mais en se prenant des baffes et des raclées qui font plaisir et bien ricaner. Oui, scoop, Tom Cruise possède un sens inné de l’autodérision (même s’il a été cher payé pour le simuler). Parce que le type est en réalité publicitaire, pas militaire. Si si. Et qu’il passe son temps à se faire tuer pour mieux ressusciter et recommencer à zéro la même atroce journée. Le réalisateur (La mémoire dans la peau, Mr & Mrs Smith) se joue avec un certain second degré, fort étonnant, d’un scénario dont le pitch pourrait faire froid dans le dos. Un bon point pour lui.

Les nouveaux BFF

Les nouveaux BFF

Autre excentricité, le choix de LA blonde super sexy, alias Full Metal Pétasse, alias Sergent Rita Vrataski, alias Emily Blunt. L’actrice nous avait habitués à des rôles de composition plutôt indé, or son intronisation dans le genre blockbuster qui fait du bruit et couler de la sueur passe comme une lettre à la poste. Et de deux.

Paris, la nuit

Paris, la nuit

Quant à nous, pauvres Français, notre chère Hexagone a été choisie comme le terrain de bataille apocalyptique entre une armée de créatures extraterrestres supra-intelligentes et une coalition armée alliée principalement constituée de bons Anglais et d’héroïques Américains. Pouf, à terre la Tour Eiffel, bam, explosé le Musée du Louvre, plouc, inondé Paris. Si ça peut leur faire du bien… Par contre, le parallèle continuel entre les deux Guerres Mondiales et l’invasion extraterrestre laisse parfois perplexe. Car oui, la grande bataille qui décidera du sort de l’humanité se jouera sur les plages du débarquement en Normandie. Et la précédente fut remportée à Verdun. Quant au chef présumé des méchantes araignées intergalactiques, il se serait réfugié dans un barrage de montagne en… Allemagne. C’était cette année, le 70e anniversaire du Débarquement allié?

On regrettera amèrement que la fin du film se laisse prendre au piège des ficelles vues et revues du genre, en plein dans le gnangnan, et perde de la sorte cette aura ironique qui en faisait la particularité. Dommage que Doug Liman n’ait pas osé aller jusqu’au bout de cette brave intention de déstructuration du super-héros américain, qui aurait peut-être transformé son film parfois bon en bon film.

Mais on ne peut pas lui enlever une dernière qualité, qui est celle de proposer au spectateur 2h de narration soutenue, divertissante sans ennuyer, et même, parfois, carrément drôle.

Une armure pas franchement sexy

Une armure pas franchement sexy