Lincoln, de Steven Spielberg

seau popcorn   seau popcorn   God bless the United States of the free popcorn.

« C’est grandiloquent, c’est américain, et c’est très (trop) bien fait », voilà ce que j’aurais répondu à la première personne à me croiser après la séance de Lincoln.

Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette...

Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette…

Les acteurs évoluent avec brio dans un décor tellement bien léché qu’il frôle le film d’animation, tout en netteté et sens du détail, la Maison-Blanche s’apparentant par moments à une maison Playmobil bien rangée. En tout cas la mienne ressemblait à ça. Ce souci transparent du « vouloir faire vrai » confère un côté copie de bon élève légèrement

Abraham, diner's ready!!

Abraham, diner’s ready!!

dénaturant à ce film qui retrace avec emphase un épisode particulièrement glorieux de l’Histoire des USA, celui du XIIIème amendement abolissant l’esclavage.

Les passages les plus réjouissants du film se déroulent à la Chambre des Députés, où des hommes barbus et ventripotents se lancent des injures avec un grand sens de la distinction et de la répartie. Ceux, très nombreux, qui dépeignent la vie privée d’Abraham Lincoln, souffrent d’une tendance malheureuse à la répétition et à l’idéalisme, même si Spielberg parvient parfaitement à nous transmettre le message voulu: le grand homme faiseur de légende nationale avait lui aussi un fils récalcitrant, un vieux plaid pour les soirées d’hiver et une femme hystérique.

Cette reconstitution historique est donc extrêmement bien faite, 2h30 de débats politiques qui en paraissent moins, c’est vrai, un rythme soutenu (parfois essoufflé, quand même, le bonhomme n’est plus tout jeune) porté à bout de bras par des acteurs totalement investis. Mais…mais…mais il y manque une identité, un angle personnel qui aurait donné à ce film une deuxième vie et une existence propre. En l’état, le spectateur se sent plus proche du cours d’Histoire en quête d’Oscar que du chef d’oeuvre cinématographique. C’est beau, c’est bien, mais ce n’est pas original, et par moments c’est presque un peu énervant.