Transformers 4 : l’âge de l’extinction, de Michael Bay

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*  *  L’âge de l’extinction : on n’aurait pas pu mieux le dire 

Nota Bene pour les fans de la saga qui risquent, peut-être, de lire cette brève critique : Transformes 4 est mon premier Transformers. Il n’y a donc aucune référence aux précédents opus. Cette séance a été la séance du dépucelage robotique. Instant de grâce ou moment d’intense souffrance ? Mieux vaut lire la suite pour le savoir.

Une scène de Matrix x'est glissée dans le film : saurez-vous la reconnaître ?

Une scène de Matrix s’est glissée dans le film : saurez-vous la reconnaître ?

Revenons donc au film. Le néophyte, ou plutôt LA néophyte, ne peut s’empêcher de ressentir un sentiment attendri devant ce gros déballage de fantasmes enfantins : des robots géants qui se transforment en voitures de course et cassent tout sur leur passage, le pied. Les jouets Kinder ont encore des progrès à faire. D’ailleurs, la saga Transformers vient à l’origine d’une ligne de jouets japonais. Transformée en BD. Puis en dessins animés. Puis en jeux vidéos. Puis en films. Puis…  Il y a absolument de tout là-dedans, des robots, bien sûr, des voitures et gros camions, également, mais aussi des filles avec de belles jambes, de l’humour potache, des dinosaures, la CIA, une bombe extraterrestre, Hong Kong réduite en poussière, des aliens très très méchants, de bons sentiments à la pelle, la naissance d’une belle amitié humano-autobot, mais waaaou !! Ici, le cliché acquiert la valeur suprême de référence : forcément, c’est ce qu’attendent les gens. Cette bêtise bruyante, reconnaissons-le, possède un certain côté jubilatoire : enfin, on va pouvoir arrêter de se fatiguer.

Tourisme à Hong Kong

Tourisme à Hong Kong

Vous l’aurez compris, on ne peut pas dire que Michael Bay, grand spécialiste des bons gros films américains, pour le pire comme le meilleur, ait choisi la voie de la nuance. Certes, ce n’est pas ce qu’on lui demande avec Transformers. D’ailleurs, il faut reconnaître que les effets spéciaux sont pour beaucoup stupéfiants et permettent au film, très long (2h46), de garder un rythme haletant. Les dialogues, souvent sur-écrits, offrent quelques instants de grâce et de rigolade, mais la plupart tombent sur l’estomac comme un bon gros cassoulet.

La gentille famille texanne qui sauve le monde

La gentille et photogénique famille texane qui sauve le monde

Une fois arrivés là, et pris malgré soi dans le total délire visuel et sonore qui se produit à l’écran, on en vient à se demander quelle est l’intrigue principale de tout ça. Parce qu’il y a des méchants carrément nombreux aux objectifs différents, des gentils qui passent leur temps à prendre des baffes et à s’en relever, un chef Autobot, Optimus Prime, dont on saisit mal le destin de sauveur de l’humanité, mais qui paraît être le successeur métallisé d’Arthur et les Chevaliers de la Table (Vaisseau spatial) ronde, et une fin tellement ouverte sur un numéro 5 que c’en devient énervant. La 3D, catapultée dans ce décor foisonnant d’étincelles, de missiles, de court-circuits et d’explosion d’immeubles, ne sert plus à grand-chose. Seuls, peut-être, les personnages interprétés par Mark Whalberg (Cade, le bon père de famille looser célibataire comme on les aime) et Stanley Tucci (Joshua, l’inventeur mégalo-psychopate-mais-qui-en-fait-a-un-bon-fond) permettent au spectateur de se retrouver quelque part dans cette histoire.

Ceux qui attendent de Transformers 4 de s’en prendre plein la gueule risquent donc d’être servis. Mais pas toujours dans le bon sens.

PS spoiler : A la fin, l’humanité s’en sort.

L’Attentat, de Ziad Doueiri

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 Que chacun en prenne pour son grade, et que ça saute!

Vous les femmes, vous ne comprenez rien à la politique!

Vous les femmes, vous ne comprenez rien à la politique!

Le conflit israélo-palestinien, outre sa propension à provoquer scandales politiques, misères humaines et dissensions familiales autour du rôti dominical, inspire également des films d’excellente qualité. Que d’un grand mal sorte un petit bien, c’est déjà ça.

La grande innovation de ce film, adapté du roman éponyme de Yasmina Khadra, c’est notamment que les chrétiens apparaissent au beau milieu du conflit, et pas comme témoins passifs d’une bataille de pouce qui ne les concernerait pas. Autrement dit, le propos y est intelligemment peu manichéen, dans l’espoir un peu utopique mais ô combien évocateur que la faute soit partagée, et donc peut-être un jour résolue. Chacun y prend successivement pour son grade, afin d’éviter toute radicalisation du sujet. Tout en délicatesse et en humanisme, le scénario n’en est que plus efficace.

Amine (excellent Ali Suliman), chirurgien émérite et israélien d’origine arabe, voit sa vie s’écrouler le jour où on accuse sa femme, la douce et belle Siham, de s’être transformée en bombe humaine, tuant 17 personnes dont 11 enfants en plein centre de Tel Aviv. Commence alors pour Amine, citoyen jusque là protégé de tout, une quête et une découverte peu reluisante de la vérité du dehors, toute fanatique et subjective qu’elle puisse être.

"votre femme elle était enceinte? Ou elle avait des gaz peut-être?"

« votre femme elle était enceinte? Ou elle avait des gaz peut-être? »

Outre une interprétation, une mise en scène et une écriture lumineuses, L’Attentat touche avec délicatesse un sujet brûlant dont la complexité explique certainement  par moments la chute dans des instants un peu lourds de justifications identitaires ou de sur-place narratif. La dramatisation fonctionne pourtant, mêlant codes du thriller politique haletant à ceux d’une histoire d’amour passionnée. On ne regrettera qu’une chose, c’est que le film n’aborde pas suffisamment les raisons de l’acte de Siham, laissant au spectateur un goût d’imprécision.

Une fin qui manque d’un aboutissement plus évident, dont on trouvera peut-être la clé en lisant le roman. Quoiqu’il en soit, aller voir L’Attentat ne devrait pas être une perte de temps. Parole de Popcorn.