Jimmy P, de Arnaud Desplechin

***  Psychanalyse au Far West

Quand un réal français s’aventure dans le Far West de la fin des années 40, cela donne un duel entre cow-boys version patient face à son psy, l’étrange couple « force tranquille » contre « exaltation fiévreuse » formé par Benicio Del Toro et Mathieu Amalric.

Desplechin

Mon psy, ce héros

Tiré d’une histoire vraie, ce film à l’Américaine d’Arnaud Desplechin met en scène le désarroi d’un Indien, Jimmy (Benicio Del Toro),  revenu de la guerre blessé à la tête et souffrant depuis d’étranges malaises. Devant l’ignorance des braves docs de l’hôpital militaire, ceux-ci font appel à l’excentrique premier ethnopsychanalyste de la planète, Georges Devereux, alias Mathieu Amalric, dans un rôle qui colle à sa peau survoltée.

Desplechin

Y aurait pas du surmoi là-dedans?

Explications des rêves, enfance refoulée, drames personnels, le face à face entre les deux hommes tourne au huis-clos dans une ambiance au visuel plus que léché. Témoignage d’amitié et d’humanité hors du commun, ce film s’étire parfois en longueur, rêvassant à l’écoute des confidences de Jimmy, avant de se pincer le bras et de revenir enfin parmi nous. Le titre dit tout, aussi incroyable que cela paraisse : vous allez exactement être témoins indiscrets de la psychanalyse d’un Indien des plaines. Normal.

Malgré cette distance tampon qui éloigne par moments le film de son public, Desplechin nous offre un sacré voyage dans le temps, l’Histoire, la culture indienne et l’être humain, servi par un couple d’acteurs plutôt détonnant. A voir si vous n’avez pas vous-même trop de bagages psychanalytiques qui vous accompagnent.