Joe, de David Gordon Green

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* * *  White trash, Texas Rangers, et petite larme au coin de l’oeil

Nicolas Cage barbu, tatoué et vêtu de chemises à carreaux dans un film indé à la photographie désaturée, c’est désormais possible.

Got a problem m'am?

Got a problem m’am?

Joe s’inscrit dans la lignée de tous ces films américains qui utilisent comme matière première des paysages sublimes et désolés, l’accent traînant du Sud du pays et la pauvreté humaine et sociale pour construire des histoires hautement photogéniques, et souvent réussies. Certes, ces films ont tendance à (trop?) se ressembler. Un Joe fera sans aucun doute penser à un Mud. Ne serait-ce que parce que les acteurs-phares de ce genre s’institutionnalisent : le gamin paumé de Mud et celui de Joe sont ainsi interprétés par le même excellent jeune acteur, Tye Sheridan, 18 ans. Qui est, cqfd, également présent dans Tree Of Life de Terence Malick, apôtre du genre (Les Moissons du Ciel, La Balade Sauvage, …).

Un petit manque d’originalité dans le traitement, peut-être, une tendance à la longueur inutile, parfois, mais qui ne grèvent pas sérieusement la qualité de l’ensemble. Joe nous dévoile un scénario intelligent, conforté par une sensibilité omniprésente, une photographie magnifique et des acteurs synchro. Et toc.

Le pick-up, élément incontournable de la panoplie texane

Le pick-up, élément incontournable de la panoplie texane

Une bourgade anonyme et décrépie du Texas. Joe (Nicolas Cage) est un brave homme d’une cinquantaine d’années, ancien repris de justice reconverti dans la supervision d’une équipe de bûcherons. Bourru et sympathique, solitaire mais amical, Joe rencontre un matin un jeune homme de 15 ans, Gary (Tye Sheridan), en quête de travail. Fraîchement arrivé en ville avec son père alcoolo, violent et SDF (excellent Wade Jones), sa mère absente et sa soeur Dorothy rendue muette par le désespoir, Gary s’investit avec toute sa volonté de vivre. Tout comme Joe, il cherche à se construire un nouveau quotidien. Alors que Joe prend Gary sous son aile, leurs problèmes à tous les deux, pourtant si désireux de leur échapper, finissent par les rattraper.

Histoire d’amitié, de confiance et de rédemption, Joe touche la corde sensible. Belles images, personnages attachants, la recette fonctionne. Certains détails, comme le manque de travail sur le personnage pourtant présent de la mère, interpellent. Mais le résultat est à la hauteur de la promesse cinématographique : vous n’aurez pas perdu votre temps.