Dragons 2, de Dean DeBlois

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*  *  *  Paye ton coup de flamme dans la figure 

C’est l’été, on va voir des dessins animés !

Pardon, des films d’animation.

Kikou, le beau gosse de l'histoire, c'est moi !

Kikou, le beau gosse de l’histoire, c’est moi !

Il ne vous aura pas échappé que le  » 2  » fait référence à un premier volet que je n’ai malheureusement pas vu. Mais soyez rassurés, cela ne vous empêche en rien de comprendre et d’apprécier le film (et ce sera pareil pour le suivant). Parce que bon, tout de même, c’est marqué « à partir de 6 ans ».

Et donc cette nouvelle saga animée est adaptée d’un roman à succès intitulé « how to train your dragon », et réalisée par un réalisateur canadien au nom assez stylé, Dean DeBlois, pour le compte de DreamWorks qui frappe fort une fois encore.

Ca, c'est mon papa

Ca, c’est mon papa

Vous l’aurez deviné, il y a du dragon volant là-dedans. Pleins, même. De toutes les couleurs et de toutes les formes. Beurk (oui, quand même) est un village de gentils vikings accroché sur des falaises qui surplombent l’océan. Autrefois en guerre, les hommes et les dragons vivent aujourd’hui en bonne entente grâce aux exploits du jeune Harold, 20 ans, fils du chef Stoïque. Le héros, donc. Harold est accompagné de la douce et impertinente Astrid dans ses explorations, qui cette fois-ci vont prendre un tour plus dramatique et spectaculaire que prévu face à un abominable méchant qui ressemble à s’y méprendre au pauvre Gérard Darmon. Voilà le topo.

la récré, c'est toute la journée à Beurk

la récré, c’est toute la journée à Beurk

Niveau animation, rien à dire, les vols planés et autres pirouettes à dos de dragon ficheraient le vertige aux amateurs de Gravity. Le scénario, lui, colle sagement aux codes du genre, le déroulé de l’histoire n’a absolument rien de renversant, mais c’est le mélange formé par l’image et le rythme qui fait monter la mayonnaise. L’humour, omniprésent, passe bien plutôt par les gags visuels que par les dialogues, parfois essoufflés. Quant à ce peuple d’amputés (faute aux ex-méchants dragons) rigolards aux moustaches expansives, il fallait

Gérard Darmon prend cher

Gérard Darmon prend cher

oser. Et c’est tant mieux. Dragons 2 vous plonge droit dans un monde attachant et émouvant (vous allez y aller de votre petite larme, autant vous prévenir) qui vous permet de vivre par procuration votre fantasme de chevaucher un dragon et de lui chatouiller le ventre en l’appelant « bout de chou » ou « dur à cuire ».

C’est que ça peut être mignon, un dragon.

Gravity, de Alfonso Cuarón

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**** Si tu me lâches, je tombe ?

même pas peur!

même pas peur!

Le commandant Kowalsky (George Clooney) et la jeune docteur Stone (Sandra Bullock) s’affairent tranquillement à réparer un composant de leur base spatiale, façon bricolage du dimanche. Alors que Kowalsky enchaîne les pirouettes dans le vide en déblatérant sa vie aux opérateurs de Houston, on aperçoit soudain un plan renversé dans lequel apparaît notre planète sous nos pieds, format panoramique : mais qu’est-ce qu’elle fout là, la Terre ? Les phobiques du vide et les claustrophobes en puissance risquent d’apprécier. Quant aux scènes dans lesquelles les cosmonautes se prennent des pluies de débris, dérivent dans l’espace et autres réjouissances, elles vous feront à tout jamais arrêter de fantasmer sur ce métier. Comme le lâche Ryan Stone fort à propos au vu de sa situation (oui, une fille avec un prénom de garçon, un passage douteux du scénario) : « I hate space ».

Gravity, film de survie apocalyptique à l’Armageddon, se démarque nettement de celui-ci pour deux raisons. Un, parce que les effets spéciaux réalisés font rapidement oublier que tout ceci n’est « que » de la pure fiction, et n’a pas été filmé in situ. Deux, parce que les scénaristes se sont permis une petite dose d’humour et d’autodérision qui – malgré quelques très mauvaises répliques moralistes typiquement Américaines et malheureusement inévitables sur la beauté de l’existence et la nécessité de se battre pour survivre -, confèrent au film une personnalité propre et une recherche narrative identifiable.

A cup of coffee?

A cup of coffee?

George Clooney fait parfaitement bien son George Clooney, ironique, séducteur et galant jusque dans le sacrifice, avec une pointe de Nespresso pour corser le tout. Sandra Bullock gagne enfin le droit d’être décatégorisée « brunasse à comédie sentimentale », même si la pauvre écope d’un personnage au passif et au traumatisme personnels scénarisés à la truelle (dans le genre mère blessée, ils y sont allés forts).

Gravity, c’est du spectacle à la Space Mountain agrémenté d’une volonté artistique. Il s’agit donc d’un film qui donne à voir le cinéma pour ce qu’il a de plus spectaculaire, et qui évite le pur divertissement gratuit en se donnant les moyens d’inventer un univers. En l’occurrence, le nôtre.