The place beyond the pines, de Derek Cianfrance

seau popcornseau popcorn               Le titre un poil long d’un film qui l’est tout autant

Because ce film was fucking prometteur, la déception est certainement un peu plus vive que prévu. Une fois de plus, un film de plus de deux heures démontre que l’absence de concision nuit décidément à l’ensemble d’une oeuvre pourtant bourrée de qualités.

Wouuu ils ont l'air vachement sérieux!

Wouuu ils ont l’air vachement sérieux!

Because le casting was huge. Un Ryan Gosling musclé et tatoué, les deux mains plongées dans le cambouis de sa moto rugissante, bad boy attendrissant dont la présence crève véritablement l’écran. Apparemment abonné aux rôles de rouleur de mécanique(s), le blondinet se retrouve coupé au montage bien trop rapidement, un choix justifié par le scénario lui-même, certes, mais qui déçoit le petit coeur du spectateur admiratif. Première déception. Un Bradley Cooper bien peigné, bien propret, dont les yeux bleus de toutou fidèle se troublent au fur et à mesure du film de la lâcheté gluante dont il n’arrive plus à se dépêtrer. Dommage que sa performance majeure se déroule lors du deuxième tiers du film, soporifique et messianique. Deuxième déception. Last but not least, la flamboyante Eva Mendes, qui (spoiler) ne porte pas de soutif, parvient au contraire à réchauffer de son sang latino et d’un jeu frappant de naturel les circonvolutions d’un scénario qui se replie trop souvent sur lui-même. Les autres acteurs, qui ne déparent absolument pas en qualité de jeu, comptent parmi leurs rangs (deuxième spoiler) le sosie version fumette de Léonard DiCaprio au même âge (Dane DeHaan).

Because l’écriture et la mise en scène look amazing. Un décor plus cinématographique tu meurs – une petite bourgade typique comme les américains savent si bien les faire, avec son diner, son quartier olé-olé, ses pavillons de banlieue et ses banques à braquer -, et un thème riche en mots clés cinéphiles: drame familial, vengeance, amour, trahison, cascades, course-poursuite, drogue et ice cream. Because l’image est belle, et colle au réalisme discret d’un drame « ordinaire » qui cherche à en montrer les incidences sur les personnes qui y sont liées. Une écriture maîtrisée qui creuse son sujet, assez intelligemment ficelé en triptyque dramatique, mais dont l’enthousiasme et le perfectionnisme peinent à s’autoriser des coupes pourtant bienvenues. Because ce qui entraîne la chute de ce film, ce n’est ni son casting, ni sa réalisation ni son écriture en soi, mais l’oubli – ou le refus – de les densifier. 

Mince on a raté Bradley Cooper!

Mince on a raté Bradley Cooper!

 Une sorte de fresque à la croisée des chemins du film d’auteur et du blockbuster, un choix ambitieux qui tout en confirmant le talent de son réalisateur*, démontre également que ce même talent mérite encore d’être affiné et personnalisé.

* Blue Valentine, 2010, avec Ryan Gosling et Michelle Williams, un film à voir pour ceux qui l’auraient raté.

 

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