Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan

*  *  *  *   Le charme discret des troglodytes turcs

On aime parfois pouvoir dire qu’une palme d’or est « bof », parce que ça fait du bien de contredire l’élite du jury de Cannes. Malheureusement, celle-ci est largement plus belle que bof.

La guerre d'usure a commencé

La guerre d’usure a commencé

Certes, le film est très long. 3h16. Il est également lent. Mais d’une lenteur qui palpite, loin de la rigidité cadavérique de certaines réalisations contemplatives qui oublient en cours de route le pourquoi de leur propre existence. Il s’agit d’une sorte de huit-clos, également, dans lequel les membres d’une famille turc aisée, installée dans une demeure troglodyte ancestrale, évoluent et interagissent par des discussions, des gestes et des regards derrière lesquels couve sans répit une agitation volcanique. Et puis l’écrin qui enveloppe le tout est beau, sublime même par instants, la violente solitude des paysages d’Anatolie répondant à celle des habitants qui les peuplent. On n’est guère surpris non plus que le réalisateur se soit inspiré de nouvelles de l’écrivain russe Tchekhov. L’intensité des non-dits et des relations y est tout aussi peu gelée par le blizzard extérieur que  le contenu de ses écrits. Ce « Sommeil d’Hiver » n’a rien de léthargique…

1196216_Winter-SleepEn clair, il s’agit là d’un film qui réussit l’exploit d’être tout aussi littéraire que photographique, purement cinématographique. Mais s’accorder avec son rythme singulier demande, tout comme le font les personnages dépeints à l’écran, un effort d’adaptation. Ceci étant fait, je vous laisse vous faire lancer dans le voyage.

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